Comment faire de la céramique de façon écoresponsable ?

En démarrant votre activité, vous vous êtes certainement posé la question « Comment allier activité créative et respect de l’environnement ? », et bien moi aussi. Mon amour pour la Nature et mon parcours universitaire dans la recherche tourné vers l’écologie et l’évolution, m’ont fortement sensibilisé aux questions environnementales. Dans cet article, j’aimerai partager avec vous ces pistes de réflexion et ces actions concrètes qui m’ont permis de développer mon activité artisanale de céramique zéro-déchets. Intégrer ces notions essentielles m’a aidé à devenir plus responsable dans mon métier mais aussi plus généralement dans mes actes quotidiens.

de la contrainte naît la créativité

Ainsi pour inscrire son activité dans une démarche écoresponsable, c’est-à-dire, chercher à intégrer des mesures de protection de l’environnement dans ses principes et ses activités, il faut apprendre à se défaire de ses mauvaises habitudes de production et de consommation et apprendre à travailler autrement. Et pour cela une maxime m’inspire beaucoup : « De la contrainte naît la créativité ».

1/La production

Le domaine de la céramique se prête bien à la démarche écoresponsable car elle n’implique que des « ingrédients naturels » : de l’argile, de l’eau et du feu pour produire des matières durables. La céramique est un procédé utilisé depuis plusieurs dizaines de milliers d’années et on retrouve encore, lors de fouilles archéologiques, des objets en terre cuite relativement bien conservés. Certaines techniques de fabrication comme le modelage, ne nécessitent aucune machine et le séchage à l’air suffit pour donner à une pièce une certaine solidité.

Acheter local et en quantité

Pour la fabrication de mes pièces,
j’ai donc fait le choix d’utiliser de l’argile extraite par une petite entreprise familiale française dont le savoir-faire et les conseils n’ont pas d’égal. Cette argile de qualité résiste bien au processus de façonnage et de cuissons et évite donc les pertes de matière. Je me déplace directement au dépôt pour l’acheter en quantité suffisante afin de créer un stock qui m’évite les déplacements fréquents. Ainsi les trajets et les émissions de gaz sont réduits.

Economiser les ressources

Lorsqu’on possède un petit atelier, comme dans mon cas, utiliser un tour de potier devient vite compliqué du fait de la place requise mais aussi de la nécessité de stocker les pièces rapidement tournées. De plus, un tour de potier nécessite l’utilisation d’une grande quantité d’eau et engendre la perte d’une quantité certaine d’argile. En utilisant d’autres techniques de poterie, comme le travail à la plaque et au rouleau, la production devient plus lente comme revenue à son rythme naturel, mais ne nécessite pas d’eau.

Lors du façonnage à la main ou dans un moule, et notamment des pièces volumineuses, les chutes d’argiles sont récupérées pour leur donner une nouvelle vie. Je crée ainsi des bijoux ou de petites figurines d’animaux qui viennent diversifier ma production tout en évitant les déchets. La poussière générée par le ponçage de mes pièces par exemple est elle aussi récupérée et re-mélangée à de l’eau pour constituer une sorte de colle, appelée barbotine, qui sert à l’assemblage de différents morceaux d’une même pièce. Comme dirait Antoine Lavoisier, éminent chimiste et philosophe du 18° siècle, dans la Nature, « Rien ne se perd, rien ne se créé, tout se transforme ».

Choisir des fournitures éco-responsables 

Pour décorer et émailler mes pièces, j’ai choisis des matières (engobes et émaux) non toxiques et sans plomb. Autrefois extrait en grande quantité et très utilisé dans divers domaines, le plomb est aujourd’hui reconnu comme un élément polluant et nocif pour la santé. Le bannir de la production est une manière de préserver la santé des utilisateurs et la mienne en évitant d’être en contact direct ou de respirer cet élément au quotidien à l’atelier.

2/ Le choix des outils et des matériaux

Utiliser des matériaux durables

Au moment de choisir mon outillage de fabrication (ébauchoir, estèque, mirette), j’ai privilégie ceux fabriqués en bois et/ou en inox, deux matières durables qui perdureront de longues années sans perdre ni en valeur ni en précision dans le temps. Pour certains outils comme les pinceaux, les couteaux ou les éponges, ma cuisine et les vides greniers m’ont permis de récupérer et détourner tout ce qui pouvait m’être utile. Pas d’achat de matériel neuf et des économies en poche. Bien sûr, il est clair que c’est petit à petit que vous rassemblerez tout le matériel nécessaire à votre activité.

Choisir des techniques de fabrication économes en énergie

La technique de fabrication appelé estampage, qui consiste en l’utilisation d’un moule pour donner une forme à la terre, nécessite de faire attention dans le choix des matières. Tout d’abord, pour qu’un moule puisse être facilement utilisé, il doit être poreux pour que l’argile puisse sécher. La sélection s’est donc portée sur des moules en terre cuite, en bambou, en fibre végétale ou en carton recyclé, qui sont des matériaux écologiques. Cette démarche demande un peu d’imagination et de curiosité pour repérer les matières et les formes intéressantes, mais quand on est passionné, on ne peut que se prendre au jeu !

Opter pour un mobilier et du matériel secondhand ou durables

Pour le mobilier de l’atelier (table, tabouret, étagère, secrétaire), des matières comme le bois ou le métal seront de bons alliés déco et durables dans le temps. Les sites de vente entre particuliers ou les vides greniers sont parfaits pour trouver des meubles de ce type à bas prix. De plus, ce mobilier a déjà une histoire à raconter et parfois déjà eu plusieurs vies avant d’atterrir chez vous, preuve de leur durabilité. Pensez aussi à faire part de vos besoins à votre entourage, il pourrait posséder des meubles inutilisés. Jai ainsi récupérer une table et une étagère, la moitié de mon mobilier en somme ! On sous-estime souvent la générosité des gens et l’entraide qui peut se mettre en place pour aider à la construction d’un projet !

Au début de son activité, une entreprise ne possède pas forcément les fonds pour investir dans du matériel neuf, comme les machines indispensables. Les sites dédiés et les forums de céramique m’ont aidé à trouver les ventes d’occasions. J’ai fait l’acquisition d’un four qui avait mon âge mais qui avait très peu servi et j’ai économisé la moitié du budget initialement prévu. Ce vieux modèle, ne possédant pas de programmes de cuisson préenregistrés, m’a permis de mieux comprendre les processus en action lors de la cuisson et après quelques tests, je le maîtrise à la perfection !

Réparer plutôt que racheter

Pensez également à la réparation des objets qui sont encore en bon état et qui peuvent resservir après un petit coup de neuf, ainsi vous prolongerez leur vie et celle de notre équilibre naturel en évitant la surconsommation ou la surproduction. Il existe, dans de plus en plus de villes, des recycleries qui vous aideront à réparer vos vieux objets.

3/ La post-production : emballage, envois, déplacements

Opter pour un emballage recyclé

Pour rester dans une démarche eco-friendly et s’accorder aux tons naturels de mes créations, j’ai opté pour les emballages en kraft brun recyclé. Pas plus cher que les autres types d’emballage, bien au contraire, avec un grand choix de couleurs, il s’associera facilement avec du papier de soie, quelques brins de raphia et un sticker arborant votre logo ! Vos créations seront solidement et joliment emballées. On bannit le scotch et la colle, on choisit les matières naturelles, et il y a le choix !

Pratiquer l’art de la récup’

Pour les envois en colis, là aussi demandez autour de vous à récupérer des cartons en bon état et des protections en carton/papier bulle/mousseCe faisant, vous n’achèterez pas de nouveaux matériaux et réutiliserez ceux qui sont destinés à la poubelle. A proscrire également, le papier cadeau, une aberration écologique, à peine acheté, directement jeté à la poubelle. Pensez à réduire vos déchets pour la préservation de la nature et des forêts.

Privilégier les événements locaux

Dans le choix des événements auxquels j’ai participé, la distance depuis mon lieu de travail était une question importante. Privilégier un cercle de 250 km autour de votre zone d’activité, vous permettra d’économiser du temps et du carburant. Dans le monde de la création et de l’artisanat, de nombreux événements locaux, dont le coût est peu élevé, sont organisés et vous permettront de vous créer un réseau communautaire local avec des collaborations à la clef. N’hésitez pas à contacter les organisateurs proposant ces événements.

Opter pour une déco éco-friendly

Pour la décoration d’un stand, l’aspect naturel et durable peut être mis en avant en optant pour des matières comme le bois, le rotin ou le tissu. Il existe aussi également de plus en plus de meubles en cartons, dont le design est adapté pour événementielle. Vous trouverez donc du mobilier pliable et léger pour faciliter le transport. En le personnalisant à votre image, vous inscrirez donc votre marque dans une démarche clairement orientée vers le respect de l’environnement.

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